![]() Par Jean-Claude Foucard (ingĂ©nieur des techniques horticoles) Article paru dans le numĂ©ros 372 (juillet-aoĂ»t 1996) et 373 (septembre 1996) de PHM. Revue Horticole. Dans un contexte de concurrence internationale intense, oĂč la bataille sur les prix est particuliĂšrement vive, la qualitĂ© du produit est devenue l'objectif prioritaire du monde industriel. Le produit de pĂ©piniĂšre va-t-il Ă©chapper Ă cette logique ? La qualitĂ© est-elle un argument commercial majeur dans un environnement Ă©conomique oĂč le prix semble ĂȘtre l'Ă©lĂ©ment dĂ©terminant ? Beaucoup de professionnels s'interrogent sur ces questions et sur la stratĂ©gie Ă adopter. Peut-on privilĂ©gier la qualitĂ© alors que les prix de vente sont trĂšs tendus ? Que coĂ»te rĂ©ellement une politique de qualitĂ© ? La qualitĂ©, aussi subjective qu'elle puisse ĂȘtre, surtout
pour un végétal, doit pouvoir se quantifier, se définir,
s'appuyer sur des critÚres précis et surtout se contrÎler
pour donner au client des points de repĂšre et de
comparaison. Car la qualité a ses facettes visibles et
cachées. Quelle assurance donner à l'entrepreneur
paysagiste, au consommateur particulier, Ă la
collectivité que les plantes livrées sont de la variété
demandée, sont exemptes de parasites ou maladies
graves, ont été transplantées, protégées contre le
stress de l'arrachage ou du transport ?
Les initiatives dans ce sens sont diverses. Du projet de
carte professionnelle à l'assurance qualité, en passant
par les certifications sanitaires ou variétales, les chartes
professionnelles ou interprofessionnelles, le choix pour
le professionnel se diversifie. Mais qu'il opte pour une
qualité contrÎlée, garantie ou non, les critÚres de qualité
sont les mĂȘmes, sont incontournables. A chaque chef d'entreprise de dĂ©finir alors le niveau de qualitĂ© qui correspond Ă son marchĂ© car la qualitĂ© doit ĂȘtre rattachĂ©e Ă un marchĂ©. La qualitĂ© â jardinerie â ne sera pas la qualitĂ© â amĂ©nagement autoroutier â. La qualitĂ© pour le " marchĂ© allemand " ne sera pas nĂ©cessairement la qualitĂ© pour le â marchĂ© espagnol â. Ne pas rĂ©pondre aux besoins de ses clients, Ă leur demande, Ă l'extrĂȘme faire de la â sur-qualité â, c'est faire de la â non qualité â. La qualitĂ© est en effet liĂ©e Ă la diversitĂ© des exigences mais aussi des habitudes commerciales, de l'existence de normes recommandĂ©es ou obligatoires. En France, les normes AFNOR rĂ©gissent les marchĂ©s publics mais non les autres marchĂ©s. En Europe, la diversitĂ© sur ce plan est importante. La mise en place de normes europĂ©ennes pour que tous les professionnels europĂ©ens parlent le mĂȘme langage devient sans aucun doute un impĂ©ratif. Lâinitiative prise par lâEuropean Nursery Stock Association dâĂ©tablir des normes de rĂ©fĂ©rences va donc dans le bon sens. Nous essaierons de dĂ©finir les critĂšres de qualitĂ© de lâarbre dâornement de pĂ©piniĂšre, de l'Ă©laboration du produit jusqu'au consommateur final, qu'il soit professionnel ou amateur en les dĂ©clinant Ă trois niveaux : • lâaspect de lâarbre: un produit sain, Ă©quilibrĂ©, homogĂšne, exempt de dĂ©fauts
et conforme aux normes en vigueur.
• la reprise Ă la plantation: un produit au taux de perte minimal et prĂ©sentant un redĂ©marrage rapide de sa croissance. • la conformitĂ© aux attentes de lâutilisateur: un produit de bonne authenticitĂ© variĂ©tale et apportant les caractĂ©ristiques ornementales ou dâusage attendues. ![]() LâASPECT DE LâARBRE Un produit sain, Ă©quilibrĂ©, homogĂšne, exempt de dĂ©fauts et conforme aux normes en vigueur. L'ARCHITECTURE DE LâARBRE ET SON EQUILIBRE GENERAL L'architecture optimale d'un vĂ©gĂ©tal de pĂ©piniĂšre n'existe pas rĂ©ellement. C'est une question subjective, dĂ©pendant de la demande du consommateur ou de son â éducation â. NĂ©anmoins, la qualitĂ© du systĂšme aĂ©rien sâapprĂ©cie en principe, Ă lâexception des cĂ©pĂ©es, Ă partir de la rectitude du tronc et de lâaxe central unique, de lâhomogĂ©nĂ©itĂ© des tiges et des houppiers, spĂ©cialement pour les arbres destinĂ©s Ă ĂȘtre plantĂ©s en alignement, et de lâĂ©quilibre entre la hauteur totale et le diamĂštre au collet. On estime gĂ©nĂ©ralement que les arbres Ă©quilibrĂ©s ont un rapport, â hauteur totale sur diamĂštre au collet â de 60 Ă 80 pour les feuillus et de 25 Ă 40 pour les conifĂšres. Ces rapports, bien sĂ»r relativement variables selon les caractĂ©ristiques gĂ©nĂ©tiques de lâespĂšce, permettent dâapprĂ©cier lâĂ©quilibre de la plante et sa robustesse. La forme du houppier doit, quant Ă elle, ĂȘtre rĂ©guliĂšre et rĂ©pondre aux conditions dâutilisation futures de lâarbre, mais Ă©galement tenir compte de ses caractĂ©ristiques physiologiques et surtout morphologiques. En effet, certaines espĂšces ont un port naturellement flĂ©chĂ© (Acer pseudoplatanus, Liriodendron...), dâautres un port relativement en boule (Prunus, Paulownia...). Deux formes principales sont ainsi proposĂ©es sur le marchĂ© : Arbres couronnĂ©s et arbres flĂ©chĂ©s, auxquelles il faut rajouter les formes spĂ©cifiques libres ou architecturĂ©es. Les formes couronnĂ©es ou architecturĂ©es. sont maintenant limitĂ©es Ă quelques essences. Les interventions en pĂ©piniĂšre consistent Ă tailler rĂ©guliĂšrement la couronne pour bien rĂ©partir les charpentiĂšres. LâintĂ©rĂȘt de cette formation est de limiter le dĂ©veloppement en hauteur de lâarbre et de permettre une efficacitĂ© maximale dâombrage dans des espaces spĂ©cialement limitĂ©s. (Zelkowa, Celtis occidentalis, Albizzia, Morus...) Les formes flĂ©chĂ©es sont les plus demandĂ©es actuellement, car elles rĂ©pondent bien aux contraintes de plantation urbaines, en donnant Ă lâarbre un port Ă©lancĂ© ne gĂȘnant pas la circulation des vĂ©hicules. La taille de formation se rĂ©alise de 2 façons selon les espĂšces et la pratique des entreprises. Elle consiste soit, Ă conserver en permanence le bourgeon terminal pour permettre lâĂ©longation dâune tige droite et forte ou soit Ă sectionner lâaxe principal et Ă reformer une nouvelle flĂšche, Ă partir dâun branche latĂ©rale, redressĂ©e dans lâaxe principal Ă lâaide dâune ligature. Cette opĂ©ration de reflĂ©chage doit ĂȘtre pratiquĂ©e sur des branches de petite section, et, pour beaucoup dâessences, avec un tuteur pour permettre le dĂ©veloppement de lâarbre sur un axe bien rectiligne. A lâexception de quelques espĂšces et variĂ©tĂ©s au port naturel fastigiĂ©, pleureur, ou en boule, le flĂ©chage est maintenant pratiquĂ© sur la majoritĂ© des essences majeures comme Acer, Celtis australis, Fraxinus, Gleditsia, Platanus, Sophora, Tilia, et mĂȘme Ginkgo biloba et Cercis siliquastrum. Câest Ă©galement la forme la plus souple, car toutes les tailles de formation peuvent ensuite ĂȘtre pratiquĂ©es, au contraire des arbres Ă©tĂȘtĂ©s qui ne peuvent plus ensuite ĂȘtre menĂ©s diffĂ©remment. Dans les 2 cas, la notion d'Ă©quilibre de la tĂȘte ou de la flĂšche est Ă prendre en compte, la position des ramifications et leur nombre Ă©tant un critĂšre important de qualitĂ© pour la plupart des arbres d'ornement. Les tailles de formation et dâentretien doivent donc faire lâobjet dâun suivi attentif. Certaines essences sont particuliĂšrement difficiles Ă former car trĂšs poussantes ou Ă forte tendance Ă fourcher. Pour celles ci, un suivi rĂ©gulier du dĂ©veloppement est indispensable (Gleditsia triacanthos, Koelreuteria paniculata par ex). Il faut Ă©galement veiller Ă Ă©liminer systĂ©matiquement les branches dont lâangle dâinsertion avec lâaxe central est fermĂ©, et qui sont concurrentes de la flĂšche. La taille pratiquĂ©e chaque annĂ©e en hiver, en dehors des pĂ©riodes de gel est pour la majoritĂ© des essences la plus appropriĂ©e, car elle permet de bien apprĂ©hender lâarchitecture dâensemble de lâarbre pour bien Ă©laborer la structure du houppier, le flĂ©cher et lâaĂ©rer. Les branches en surnombre ou mal positionnĂ©es sont supprimĂ©es, en maintenant la silhouette de lâarbre et en augmentant sa transparence gĂ©nĂ©rale par une taille rĂ©alisĂ©e Ă lâintĂ©rieur du houppier. Les tailles de formation ne doivent concerner Ă chaque intervention que peu de branches, toujours de faible section, infĂ©rieures Ă 2 cm. La pĂ©riode de fĂ©vrier/mars, juste avant le redĂ©marrage de la vĂ©gĂ©tation est recommandĂ©e. Une taille complĂ©mentaire en vert durant le printemps et lâĂ©tĂ© (juin/juillet) permet dâaffiner la formation des espĂšces les plus vigoureuses. Pour certains vĂ©gĂ©taux, une taille uniquement en vert est recommandĂ©e (Juglans, Prunus). ![]() LâĂ©quilibre global du vĂ©gĂ©tal doit Ă©galement ĂȘtre respectĂ©, en particulier un certain rapport entre parties aĂ©riennes et parties racinaires de la plante. Ceci implique le respect de distances de plantation minimales et la rĂ©alisation de mottes adaptĂ©es Ă la dimension de lâarbre. Les distances entre chaque arbre sur le rang et inter-rang doivent ainsi augmenter Ă chaque transplantation, passant de 0,60 m X 1,30 m par exemple en jeune pĂ©piniĂšre de tige Ă 2,50m X 2,50m voire plus sur gros sujets. Outre son action bĂ©nĂ©fique au niveau racinaire, la transplantation permet donc de regrouper les arbres par lots parfaitement homogĂšnes et de les distancer suffisamment afin dâautoriser un Ă©panouissement correct de la partie aĂ©rienne. Enfin, la prĂ©sence d'un tuteurage est un Ă©lĂ©ment de qualitĂ© rĂ©el pour obtenir des tiges parfaitement droites Ă la condition expresse que le tuteur soit droit, plantĂ© perpendiculairement (et dans le bon sens), et le vĂ©gĂ©tal soigneusement accolĂ©. La plus grande attention doit ĂȘtre portĂ©e sur le choix des attaches, qui doivent ĂȘtre suffisamment rigides pour bien maintenir le tronc mais ĂȘtre aussi suffisamment souples pour ne pas le marquer lors du grossissement estival. Pour certaines essences, lâutilisation de â grow straight â pour monter la tige en jeune plantation est recommandĂ©e pour obtenir des scions bien droits. Enfin, si la technique de taille est primordiale dans la formation de lâarbre, sa nutrition est Ă©galement un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant. La gestion de lâĂ©quilibre entre la croissance en hauteur de lâarbre et le grossissement du tronc, bien que liĂ©e Ă©troitement aux caractĂ©ristiques gĂ©nĂ©tiques de chaque essence, demande en effet une approche trĂšs fine des besoins nutritionnels de lâarbre. Les donnĂ©es rĂ©centes sur les exportations minĂ©rales de certaines essences et la mise en oeuvre systĂ©matique dâanalyses de sols et dâanalyses foliaires permettent aux entreprises de pointe de gĂ©rer au plus prĂšs la fertilisation et dâoptimiser ainsi la conduite des arbres. ![]() L'ETAT SANITAIRE Quand peut-on dire qu'une plante est saine ? La question peut paraĂźtre surprenante mais il faut garder Ă l'esprit que certains vĂ©gĂ©taux bĂ©nĂ©ficient de qualitĂ©s ornementales grĂące Ă la prĂ©sence de virus leur confĂ©rant notamment quelques panachures foliaires originales. A ces exceptions prĂšs cependant, on peut considĂ©rer qu'une plante est saine lorsqu'elle est exempte de toutes maladies et parasites pouvant dĂ©prĂ©cier sa qualitĂ© ou limiter sa durĂ©e de vie. Mais chaque parasite ou chaque maladie n'aura pas la mĂȘme valeur de dĂ©prĂ©ciation selon l'usage ultĂ©rieur du vĂ©gĂ©tal. Certaines maladies virales en particulier prĂ©sentent des symptĂŽmes uniquement sur fruit, ce qui est rĂ©dhibitoire en pĂ©piniĂšre fruitiĂšre et extrĂȘmement secondaire, voire sans consĂ©quence en pĂ©piniĂšre ornementale. La notion de qualitĂ© sanitaire prend alors ici toute sa nuance et diffĂ©rents niveaux de qualitĂ© sont tout Ă fait acceptables selon l'usage des vĂ©gĂ©taux. Globalement, on considĂšre 2 catĂ©gories d'organismes nuisibles : • ceux dont la prĂ©sence sur les vĂ©gĂ©taux doit ĂȘtre impĂ©rativement exclue
(organismes dits de quarantaine),
• et ceux dont l'exclusion va dĂ©pendre de l'usage du vĂ©gĂ©tal, d'une rĂ©glementation plus ou moins stricte ou d'une volontĂ© de l'entreprise (organismes dits de qualitĂ©). L'exemple du genre Prunus (voir encadrĂ© ci-dessous) dans les directives phytosanitaires et de commercialisation europĂ©ennes, montre bien les diffĂ©rents niveaux de qualitĂ© sanitaire liĂ©s Ă lâusage du produit, selon que lâon prenne en compte les variĂ©tĂ©s Ă vocation ornementale ou fruitiĂšre. On notera que le niveau de qualitĂ© sanitaire, s'il reste un choix de politique d'entreprise est de plus en plus soumis Ă des rĂ©glementations Ă caractĂšre obligatoire : • au sein de la CommunautĂ© EuropĂ©enne (y compris sur le territoire français)
par la directive phytosanitaire 77/93 CEE modifiée par la directive 91/683 CEE
et par les directives de commercialisation des matériels de multiplication et des
plantes ornementales (91/682 CEE) et des plantes fruitiĂšres (92/34 CEE).
• Ă l'entrĂ©e dans la plupart des pays tiers par des rĂ©glementations spĂ©cifiques. En tout Ă©tat de cause, lâobtention dâarbres de qualitĂ© sanitaire optimale passe par la sĂ©lection de variĂ©tĂ©s ou cultivars tolĂ©rants ou rĂ©sistants aux maladies et ravageurs. (Ulmus RESISTAÂź 'News horizon' par exemple vis Ă vis de la graphiose) et par une politique rigoureuse de prĂ©vention et de suivi des cultures. Le dĂ©sherbage total aux pieds des arbres et un entretien rĂ©gulier des abords des parcelles de pĂ©piniĂšres est notamment recommandĂ© afin de supprimer les hĂŽtes potentiels de parasites (rouilles, pucerons...) La protection phytosanitaire doit ĂȘtre rigoureuse, surtout lors de la taille, moment privilĂ©giĂ© de dissĂ©mination des parasites. Les plaies de taille doivent faire lâobjet dâun traitement systĂ©matique avec un enduit de protection antifongique (par exemple le DRAWIPAS). Celui ci supplĂ©e temporairement Ă lâabsence dâĂ©corce en attendant la cicatrisation et Ă©vite lâapparition de chancres risquant de compromettre lâavenir des arbres. Les spĂ©cialitĂ©s proposĂ©es sur le marchĂ©, appliquĂ©es au pinceau sur la coupe, peuvent Ă©galement contenir des hormones favorisant la formation de cal de cicatrisation (par ex le LAC BALSAM ). Dâautre part, un programme de traitement prĂ©ventif et curatif, basĂ© sur un contrĂŽle rĂ©gulier des cultures doit ĂȘtre pratiquĂ©. Les traitements dâhiver, Ă base dâhuiles et de produits cupriques, sont en particulier trĂšs importants pour le maintien dâun bon Ă©tat sanitaire durant la saison de vĂ©gĂ©tation. ![]() L'HOMOGENEITE DES LOTS A l'exception des vĂ©gĂ©taux utilisĂ©s en isolĂ© pour lesquels une forme originale pourra ĂȘtre un argument attractif pour lâacheteur, la notion de lot homogĂšne est un critĂšre de qualitĂ© incontournable. LâhomogĂ©nĂ©itĂ© est un atout important principalement pour les municipalitĂ©s dont les projets peuvent sâĂ©taler sur plusieurs annĂ©es. Elles souhaitent alors disposer de lots dâarbres identiques, issus du mĂȘme clone et ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© de tailles de formation rĂ©guliĂšres et de mĂȘme type, pour assurer leur plantations dâarbres dâalignement. L'homogĂ©nĂ©itĂ© en production dĂ©pend des techniques culturales, principalement des tailles de formation, de l'homogĂ©nĂ©itĂ© des sols et surtout de l'origine et de l'homogĂ©nĂ©itĂ© des jeunes plants. L'homogĂ©nĂ©itĂ© du lot est donc avant tout un problĂšme de dĂ©finition de critĂšres morphologiques prĂ©cis, adaptĂ©s Ă un client, Ă un marchĂ©, au respect de normes officielles et Ă la rĂ©alisation d'un tri et dâun marquage respectant scrupuleusement ces critĂšres : La notion de dimension homogĂšne des individus doit cependant rester dans les limites permises par le monde vĂ©gĂ©tal, la notion industrielle n'Ă©tant pas envisageable sĂ©rieusement. En France, on peut considĂ©rer que le respect des normes AFNOR permet l'obtention de lots homogĂšnes, dans les fourchettes de taille, de nombre de branches ou de hauteur de point de greffe prĂ©conisĂ©s et dans des limites de tolĂ©rances qualitatives acceptables. ![]() L'ASPECT GENERAL DE LA PLANTE Ce critĂšre de qualitĂ© est principalement liĂ© Ă la bonne maĂźtrise des techniques culturales, aux soins apportĂ©s lors des manutentions, du conditionnement ou de la conservation de la plante face aux stress divers qu'elle peut affronter. Ce point est particuliĂšrement sensible pour les plantes Ă commercialiser avec leur feuillage, plantes Ă feuillage persistant sous toutes leurs formes de conditionnements ou plantes en conteneurs caduques ou persistantes dont les ventes se font de plus en plus en vĂ©gĂ©tation. Dans ce cas, la qualitĂ© du feuillage mais aussi de la floraison ou de la fructification sont des critĂšres essentiels : Ă©clats des couleurs, abondance, rĂ©partition, maturitĂ© Ă©tant les points sensibles. Les principaux points Ă surveiller sont: • l'absence de symptĂŽmes de maladies ou parasites, mĂȘmes secondaires,
de type oĂŻdium, botrytis, pucerons ou chancres. • l'absence de signes visuels de dĂ©ficiences nutritionnelles, de phytotoxicitĂ© due Ă des traitements, • l'absence de dĂ©tĂ©riorations (bris de branches, feuilles sĂšches, dĂ©collement de lâĂ©corce...) dues au gibier, au vent, au soleil, Ă des manutentions...ou des attaques de parasites, • et surtout le maintien dâune bonne turgescence des branches et racines y compris en arrĂȘt de vĂ©gĂ©tation. En production de tiges de feuillus, la qualitĂ© du fĂ»t, est Ă©galement un Ă©lĂ©ment important. La formation de fĂ»ts de qualitĂ©, avec un nombre minimal de noeuds demande de pratiquer une taille de formation trĂšs soignĂ©e. LâĂ©limination des branches basses est rĂ©alisĂ©e progressivement afin de respecter un Ă©quilibre entre le houppier et la partie du tronc dĂ©gagĂ©e. En gĂ©nĂ©ral, on considĂšre quâil ne faut pas dĂ©passer un dĂ©gagement de branches basses de plus du 1/3 de la hauteur de lâarbre. (1/3 de tronc dĂ©gagĂ© pour 2/3 de houppier). Par ailleurs, il ne faut intervenir que sur des branches de faible section. La plante doit ĂȘtre exempte de lĂ©sions au sens large susceptibles de porter prĂ©judice Ă sa reprise ou Ă sa croissance ultĂ©rieure. Pour les arbres, ceci implique en pĂ©piniĂšre dâappliquer des mesures de protection ou de suivre des prĂ©cautions rigoureuses pour les essences Ă Ă©corces fines et fragiles (Tilia, Fraxinus, Aesculus...). Les attaches pour le tuteurage, choisies en matĂ©riau souple et large, doivent ĂȘtre solidement fixĂ©es pour Ă©viter les frottements du tronc ou de la flĂšche contre le tuteur, puis surveillĂ©es rĂ©guliĂšrement et desserrĂ©es, pour Ă©viter lâĂ©tranglement du tronc. Lors des tailles de formation, les coupes doivent ĂȘtre franches et nettes, orientĂ©es de façon Ă Ă©viter toute stagnation dâeau. Elles doivent se situer dans le plan joignant lâextĂ©rieur de la ride de lâĂ©corce et lâextrĂ©mitĂ© supĂ©rieure du col de la branche (figure 1). Câest la condition impĂ©rative pour permettre une bonne cicatrisation des plaies de taille. Aucun chicot ne doit ĂȘtre laissĂ©, leur prĂ©sence empĂȘchant le dĂ©veloppement dâun bourrelet cicatriciel. Enfin , pour les essences qui ont la particularitĂ© dâĂ©mettre des drageons inesthĂ©tiques et dommageables pour la croissance de lâarbre (Acer cappadocicum, Ailanthus altissima, Amelanchier lamarckii, Broussonetia papyrifera, Populus, Robinia), un suivi rĂ©gulier doit ĂȘtre pratiquĂ©. Les rejets prenant naissance Ă partir de bourgeons situĂ©s sur les racines sont Ă supprimer Ă leur point dâinsertion, dĂšs leur apparition. Les gourmands doivent Ă©galement ĂȘtre Ă©liminĂ©s au fur et Ă mesure de leur dĂ©veloppement. LA REPRISE Ă LA PLANTATION Un produit au taux de perte minimal et prĂ©sentant un redĂ©marrage rapide de sa croissance. LE SYSTEME RACINAIRE La bonne reprise de lâarbre Ă la plantation dĂ©pend principalement de lâimportance quantitative et de la qualitĂ© du systĂšme racinaire. Celui ci est important pour le devenir de l'arbre, pour son ancrage dans le sol et pour son alimentation minĂ©rale et hydrique. Ce critĂšre de qualitĂ© a rĂ©ellement pris toute sa dimension avec les Ă©checs liĂ©s au dĂ©veloppement de ce que l'on a appelĂ© le chignon racinaire avec les premiĂšres cultures en conteneurs mal maĂźtrisĂ©es, dans les annĂ©es 1970-1980. Il est donc primordial que les techniques utilisĂ©es en pĂ©piniĂšre favorisent lâĂ©mission de racines secondaires fonctionnelles et limitent le dĂ©veloppement en longueur des racines principales, qui seront dĂ©truites lors de lâarrachage. La technique utilisĂ©e pour atteindre cet objectif consiste Ă transplanter rĂ©guliĂšrement les arbres en pĂ©piniĂšre. En principe, il faut pratiquer une transplantation tous les 3 Ă 5 ans. Si lâon considĂšre la premiĂšre transplantation lors du transfert du jeune plant de la pĂ©piniĂšre de multiplication vers la pĂ©piniĂšre dâĂ©levage, le nombre moyen de transplantations pour obtenir des plants de qualitĂ© est de 2 pour des tiges de 8/10 Ă 10/12, de 3 pour des tiges de 12/14 Ă 16/18, de 4 pour des arbres de 18/20 Ă 25/30 et de 5 pour des arbres de 30/35. Cependant, la frĂ©quence des transplantations doit ĂȘtre adaptĂ©e Ă la vitesse de croissance de lâarbre, Ă la morphologie de son systĂšme racinaire, et aux distances de plantation pratiquĂ©es. Les transplantations sont dâautant plus nĂ©cessaires lorsque le systĂšme racinaire est puissant ou pivotant (Fraxinus, Platanus, Quercus, Robinia, Sophora, Tilia). Elles vont donc dĂ©pendre de lâespĂšce et des conditions culturales. C BOURGERY et L MAILLIET proposent ainsi, sur la base de leurs observations, le nombre de transplantations souhaitables pour chaque espĂšce, variĂ©tĂ© ou cultivar dâarbre. Par exemple, pour des arbres de calibre 18/20, un Acer platanoides doit ĂȘtre transplantĂ© 4 fois, un Alnus cordata 3 fois et un Carpinus betulus âFastigiataâ, 5 fois. Lors des transplantations en pĂ©piniĂšre, la rĂ©duction momentanĂ©e du systĂšme racinaire doit sâaccompagner dâune taille des parties aĂ©riennes, pour ne pas dĂ©sĂ©quilibrer lâarbre et favoriser la rhizogenĂšse en limitant ses besoins en eau au printemps. Le systĂšme racinaire, quelque soit le type de prĂ©sentation commerciale des plantes (racines nues, mottes..), doit ĂȘtre Ă©quilibrĂ©, prĂ©senter des racines principales orthotropes et un chevelu dont l'abondance et la proximitĂ© du collet sont un critĂšre de qualitĂ© important. Le matĂ©riel vĂ©gĂ©tal cultivĂ© ou commercialisĂ© en motte doit prĂ©senter un enracinement apparent sur le pourtour de la motte. Tout enroulement racinaire doit ĂȘtre Ă©vitĂ©, de mĂȘme que des racines principales tordues Ă proximitĂ© du collet. Le systĂšme racinaire doit ĂȘtre important en volume mais sans excĂšs. En effet, lorsque la plante est vendue " racines nues " sa plantation en l'Ă©tat entraĂźne la courbure des racines tandis qu'un habillage sĂ©vĂšre pour permettre la plantation, est toujours prĂ©judiciable Ă la reprise. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, on considĂšre que les racines sectionnĂ©es ne doivent pas excĂ©der 2 centimĂštres de diamĂštre au niveau de la coupe. D'autre part, pour les plantes commercialisĂ©es racines nues, les racines des 20 premiers centimĂštres doivent comporter le maximum de boutons racinaires qui seront Ă l'origine des nouvelles racines. Enfin, la prĂ©sence de mycorhizes est un atout qualitatif certain pour les vĂ©gĂ©taux dont le dĂ©veloppement est trĂšs liĂ© Ă leur prĂ©sence. D'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le systĂšme racinaire doit donc ĂȘtre Ă©quilibrĂ© et ne prĂ©senter aucun dommage d'ordre mĂ©canique ou physiologique de nature Ă porter prĂ©judice Ă la reprises ou Ă la croissance ultĂ©rieure de la plante. Le systĂšme racinaire, face cachĂ©e mais essentielle pour la reprise et le dĂ©veloppement ultĂ©rieur de lâarbre, doit donc faire lâobjet des plus grands soins avec des transplantations rĂ©guliĂšres, pour accroĂźtre les ramifications racinaires, un dĂ©sherbage total sur le rang pour amĂ©liorer le chevelu au pied de lâarbre, un enherbement permanent des inter-rangs, par exemple avec des fĂ©tuques traçantes, pour aĂ©rer le sol. • La motte :
Le conditionnement en mottes correctement dimensionnĂ©es est un atout supplĂ©mentaire. Le conditionnement â racines nues â, peut ĂȘtre pratiquĂ© pour les jeunes tiges de feuillus. NĂ©anmoins, le conditionnement en motte est prĂ©conisĂ© pour les essences Ă reprise dĂ©licate (Albizzia julibrissin, Betula, Catalpa, Cercis, Corylus colurna, Fagus, Koelreuteria paniculata, Lagerstroemia, Parrotia persica, Laburnum, Liquidambar, Magnolia, Sophora, Quercus, ..) et, en tout Ă©tat de cause, pour toutes les tiges Ă partir de 16/18 de circonfĂ©rence. LâintĂ©rĂȘt de la motte est de prĂ©server lâintĂ©gritĂ© racinaire et notamment le chevelu, permettant ainsi Ă lâarbre de sâalimenter en eau dĂšs sa plantation, au contraire des arbres racines nues, qui doivent en premier lieu reconstituer leur potentiel racinaire. La taille des rameaux, conseillĂ©e Ă la plantation des racines nues nâest donc pas nĂ©cessaire pour les arbres en mottes. Le diamĂštre de la motte doit ĂȘtre Ă©quilibrĂ© avec le calibre de lâarbre. On considĂšre que lâoptimum se situe lorsque le diamĂštre de la motte est au moins de 2,5 Ă 3 fois selon le calibre de lâarbre (circonfĂ©rence du tronc mesurĂ©e Ă un mĂštre du sol). Par ailleurs la motte doit ĂȘtre soigneusement conditionnĂ©e, afin dâassurer la cohĂ©sion de la terre et le maintien de lâĂ©tat hydrique lors des manutentions et du transport sur le lieu de plantation. Lâemploi dâun grillage non galvanisĂ©, donc biodĂ©gradable, enveloppĂ© dâune toile de jute ou de paille est une des meilleures solutions techniques. ![]() LES RESERVES DE LA PLANTE Lâalimentation hydrique et minĂ©rale de la culture doit ĂȘtre particuliĂšrement Ă©tudiĂ©e et soignĂ©e pour assurer le dĂ©veloppement harmonieux des arbres et leur permettre dâexprimer leurs potentialitĂ©s. Elle doit Ă©galement assurer leur reprise Ă la plantation. Ceci est particuliĂšrement important lâannĂ©e de lâarrachage oĂč, dans cette derniĂšre phase de croissance, la fertilisation doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e uniquement avec comme objectif de dĂ©velopper la meilleure aptitude possible Ă la reprise. Les procĂ©dĂ©s culturaux utilisĂ©s devront permettre Ă lâarbre dâaccumuler les rĂ©serves nĂ©cessaires pour une expression vĂ©gĂ©tative rapide et Ă©quilibrĂ©e dans son nouveau site dâimplantation. Lâirrigation doit ainsi ĂȘtre dĂ©clenchĂ©e en fonction de donnĂ©es objectives, fournies par exemple par une station mĂ©tĂ©orologique (Ă©vapotranspiration potentielle), ou par un rĂ©seau de tensiomĂštres, informant en permanence le chef de culture sur lâĂ©tat hydrique du sol et Ă©vitant ainsi tout stress aux arbres. La fertilisation doit ĂȘtre Ă©tablie quant Ă elle selon un plan prĂ©cis, parcelle par parcelle, en fonction du potentiel nutritif du sol, de la gamme variĂ©tale, de lâĂąge des arbres et surtout de lâannĂ©e de commercialisation. Les travaux rĂ©alisĂ©s par lâINRA, le CEPEM et lâIFHP sur jeunes arbres tiges en conteneurs ont permis de prĂ©ciser les exportations minĂ©rales dâune quinzaine dâessences majeures et de dĂ©gager des Ă©quilibres minĂ©raux moyens suivants : N = 1 ; P2O5 = 0.35 ; K2O = 0.68 ; CAO = 0.55 ; MGO = 0.12.
Ils ont par ailleurs montrĂ© que les besoins sont trĂšs diffĂ©rents dâune essence Ă lâautre. Ainsi, Fraxinus excelsior, Fraxinus ornus et Acer negundo sont trĂšs exigeants. Ils exportent 6 Ă 10 fois plus dâazote, de phosphore et de potassium que Corylus colurna et Liquidambar styraciflua, en liaison avec une biomasse produite 3 Ă 6 fois plus forte. Les Ă©quilibres entre les Ă©lĂ©ments minĂ©raux par rapport Ă lâazote varient avec le genre, lâespĂšce, et lâĂąge de la plante. Fraxinus excelsior, Fraxinus ornus, Acer campestre, Koelreuteria paniculata, Laburnum anagyroĂŻdes, Liriodendron tulipifera et Liquidambar styraciflua ont des besoins Ă©levĂ©s en K2O. Liquidambar styraciflua a des besoins Ă©levĂ©s en CaO et Acer negundo en MgO. Chez Albizzia julibrissin, Platanus acerifolia et Tilia platyphyllos, les besoins en CaO augmentent avec lâĂąge des arbres, pour devenir en cours de culture plus Ă©levĂ©s que les besoins en azote. ![]() LâannĂ©e prĂ©cĂ©dent lâarrachage, lâapprĂ©ciation de lâĂ©tat dâendurcissement de lâarbre est un Ă©lĂ©ment demandant un suivi analytique prĂ©cis de ses besoins nutritionnels pour permettre une fertilisation adaptĂ©e. Un atout supplĂ©mentaire pour amĂ©liorer la reprise Ă la plantation. ![]() LES CONDITIONS DE CONSERVATION Dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les arbres arrachĂ©s doivent ĂȘtre livrĂ©s dans les plus brefs dĂ©lais, garantissant ainsi au client un maximum de fraĂźcheur. Pour les jeunes tiges, commercialisĂ©es racines nues, il faut veiller Ă ce que le systĂšme racinaire ne soit pas dessĂ©chĂ© par le vent ou le soleil, ce qui nĂ©cessite de protĂ©ger immĂ©diatement le systĂšme racinaire aprĂšs arrachage et de planter dans les plus brefs dĂ©lais. Lâutilisation de remorques bĂąchĂ©es est impĂ©rative pour protĂ©ger les arbres contre le dessĂšchement, le froid et les bris de branches. Toutes les prĂ©cautions seront prises pour protĂ©ger les arbres durant le transport, en Ă©vitant les frottements entre les arbres les plus volumineux et les plus fragiles. (Tilia, Acer, Platanus...). Par ailleurs, si lâarrachage est dĂ©conseillĂ© en racines nues lorsque les arbres ont commencĂ© Ă dĂ©bourrer, beaucoup dâessences peuvent encore ĂȘtre transplantĂ©es si elles sont conditionnĂ©es en mottes. NĂ©anmoins, dans ce cas, les prĂ©cautions sont encore plus strictes. En fin de saison, la pulvĂ©risation dâun antitranspirant (par ex VAPORGARD) peut mĂȘme ĂȘtre conseillĂ©e, afin de limiter les pertes hydriques des jeunes pousses dans lâattente de la replantation. ![]() LA CONFORMITĂ DES VĂGĂTAUX AUX ATTENTES DE LâUTILISATEUR Un produit de bonne authenticitĂ© variĂ©tale et apportant les caractĂ©ristiques ornementales ou dâusage attendues. LâAUTHENTICITE VARIĂTALE LâauthenticitĂ© variĂ©tale, câest Ă dire la puretĂ© variĂ©tale, est un Ă©lĂ©ment important parmi les critĂšres de qualitĂ©. Le vĂ©gĂ©tal livrĂ© doit recevoir la bonne dĂ©nomination correspondant aux caractĂ©ristiques annoncĂ©es de la variĂ©tĂ©. Il doit ĂȘtre conforme au standard de la variĂ©tĂ© ou du type indiquĂ©. L'accent est mis sur des caractĂšres prĂ©cis selon les catĂ©gories d'utilisation. Pour une plante d'ornement, la couleur des faces infĂ©rieures et supĂ©rieures des feuilles, la floraison simple ou double, la dimension et la couleur des pĂ©tales, le port du vĂ©gĂ©tal et sa dimension adulte, la couleur de l'Ă©corce, la couleur du fruit....etc.. sont autant de critĂšres de distinction des variĂ©tĂ©s. L'existence d'un systĂšme de classement des peuplements pour la pĂ©piniĂšre forestiĂšre et d'un catalogue officiel pour les variĂ©tĂ©s fruitiĂšres rend relativement aisĂ© le respect de l'authenticitĂ© variĂ©tale dans ces 2 domaines, tout au moins pour les producteurs français. En revanche, dans le domaine ornemental, Ă l'exception des variĂ©tĂ©s protĂ©gĂ©es par un certificat d'obtention vĂ©gĂ©tale (COV), il n'existe pas de description officielle des variĂ©tĂ©s et cultivars. D'oĂč l'existence prĂ©judiciable de vĂ©gĂ©taux semblables commercialisĂ©s sous diffĂ©rentes dĂ©nominations (en France ou Ă l'Ă©tranger) ou Ă l'inverse de vĂ©gĂ©taux diffĂ©rents commercialisĂ©s sous le mĂȘme nom. Cet Ă©tat de fait, considĂ©rĂ© souvent comme mineur en production ornementale, peut ĂȘtre une cause de dĂ©ception profonde pour le consommateur. Le sĂ©rieux dâune entreprise de pĂ©piniĂšre sera donc Ă©valuĂ© notamment sur la valeur de ses sĂ©lections et sur la rigueur apportĂ©e aux dĂ©nominations variĂ©tales. ![]() LA VALEUR DâUSAGE L'adaptation d'un arbre d'alignement aux conditions de plantation (sol, climat, environnement...) n'est pas uniquement liĂ©e aux grands critĂšres de qualitĂ© que nous avons dĂ©veloppĂ©s prĂ©cĂ©demment. Le meilleur arbre ne pourra s'adapter Ă toutes les situations ? Il faut placer le bon arbre au bon endroit ?. Il s'agit lĂ avant tout d'une question de conseil et d'information du client. Câest la valeur dâusage de lâarbre. Lâessence choisie doit correspondre aux attentes de lâutilisateur, quant Ă son port, son dĂ©veloppement et ses caractĂ©ristiques ornementales. Les caractĂ©ristiques gĂ©nĂ©tiques de lâessence retenue sont ici primordiales. On recherchera par exemple des arbres Ă petit dĂ©veloppement, rustiques, adaptĂ©s aux conditions de plantation urbaine, adaptĂ©s Ă des conditions de sol spĂ©cifiques, rĂ©sistants Ă la pollution de lâair (Zelkowa), aux embruns, aux dĂ©neigements hivernaux, rĂ©sistants aux maladies ou ne produisant pas de fruits (Morus Ă fleurs stĂ©riles). Un point sensible concernera Ă©galement le dĂ©veloppement adulte de lâarbre, avec une hauteur et une largeur de cime adaptĂ©es au site ou des caractĂ©ristiques dâombrage ou de transparence Ă la lumiĂšre correspondant aux conditions dâutilisation. RĂGLEMENTATION ET NORMALISATION • La rĂ©glementation
Les plantes horticoles sont soumises Ă diffĂ©rents textes rĂ©glementaires nationaux, pris de plus en plus en application de directives communautaires. De national, le cadre rĂ©glementaire prend progressivement une dimension europĂ©enne, pour l'importateur ou l'exportateur. L'ouverture du marchĂ© unique EuropĂ©en en 1993 a Ă©tĂ© l'occasion d'un grand toilettage de la rĂ©glementation existante, avec une volontĂ© d'harmonisation et de simplification. Les nouvelles rĂšgles phytosanitaires ainsi dĂ©finies sont appliquĂ©es depuis le 1er juin 1993. Par ailleurs, l'objectif de satisfaction du consommateur a initiĂ© la mise en place de directives prĂ©cisant les rĂšgles de commercialisation de certains vĂ©gĂ©taux considĂ©rĂ©s comme importants Ă©conomiquement. Leur application nâest en revanche pas encore effective. Enfin, la normalisation nâest Ă ce jour rendue obligatoire que pour les marchĂ©s publics, et ne concerne que les vĂ©gĂ©taux dâextĂ©rieur. Sa mise en place au niveau europĂ©en est inĂ©luctable, mĂȘme si elle n'est pas encore annoncĂ©e. Le dossier est complexe et les intĂ©rĂȘts parfoit divergents, mais beaucoup de professionnels conçoivent que l'Ă©laboration d'une normalisation europĂ©enne pour les vĂ©gĂ©taux serait un facteur important de qualitĂ©, limiterait les distorsions de concurrence et protĂ©gerait sensiblement le marchĂ© europĂ©en vis Ă vis des pays tiers. A ce jour, il nâexiste aucune rĂ©glementation pour les plantes dâornement et aucun projet nâest Ă lâĂ©tude dans les instances communautaires. NĂ©anmoins, lâENA (Association Professionnelle des PĂ©piniĂ©ristes EuropĂ©ens) travaille depuis 2 ans sur des normes pour les produits de pĂ©piniĂšre, dont lâĂ©laboration est actuellement dans sa phase finale. Lâobjet de ces normes est avant tout de trouver un langage commun et de dĂ©finir des spĂ©cifications minimales de qualitĂ© pour faciliter le commerce dans la communautĂ©. Le caractĂšre obligatoire de ces spĂ©cifications de lâENA nâest pas envisagĂ© Ă ce jour. • La Normalisation
Câest un processus dâidentification des produits et de dĂ©termination dâun seuil de qualitĂ©. En FRANCE, les derniĂšres normes homologuĂ©es par lâAFNOR datent du 20 dĂ©cembre 1990. Elles ont pour objet de fixer les spĂ©cifications gĂ©nĂ©rales et particuliĂšres applicables aux arbres dâalignement et dâornement (Normes NF V 12-051 et NF V 12- 055). Elles ont un caractĂšre obligatoire pour les marchĂ©s passĂ©s par lâEtat et tout marchĂ© mettant en jeu des fonds publics (collectivitĂ©s). Elles ne sont pas obligatoires pour les marchĂ©s collectifs du domaine privĂ© ou avec les particuliers, mais sont cependant souvent utilisĂ©es comme rĂ©fĂ©rences. Ces normes prĂ©cisent les caractĂ©ristiques des principaux types de produits (scion, jeune baliveau, baliveau, touffe, cĂ©pĂ©e et tige et les caractĂ©ristiques qualitatives exigĂ©es). â Un arbre tige est un arbre prĂ©sentant un fĂ»t cylindrique ou Ă peine conique, surmontĂ© dâun ensemble de plusieurs branches, appelĂ© tĂȘte ou couronne, obtenu par taille ou greffage. Suivant la hauteur du tronc, mesurĂ©e du collet Ă la premiĂšre branche, on distingue les arbres haute-tige, demi-tige et courte-tige â CaractĂ©ristiques qualitatives Les arbres doivent : • ĂȘtre conformes Ă lâespĂšce ou au cultivar et ĂȘtre dâorigine gĂ©ographique
spécifiée pour les plantes issues de semis.
• ĂȘtre exempts dâennemis animaux ou vĂ©gĂ©taux faisant lâobjet dâune rĂ©glementation phytosanitaire. • ĂȘtre exempts de lĂ©sions dâorigine biologique susceptibles de porter prĂ©judice Ă la reprise ou Ă la croissance ultĂ©rieure. • avoir un systĂšme radiculaire normalement constituĂ©, ne prĂ©sentant pas de racines principales tordues Ă proximitĂ© du collet, ni de dommage mĂ©canique ou physiologique de nature Ă porter prĂ©judice Ă la reprise ou Ă la croissance ultĂ©rieure et qui serait dĂ» au systĂšme de culture, Ă lâarrachage ou aux diffĂ©rentes manipulations. • avoir un appareil vĂ©gĂ©tatif conforme aux caractĂ©ristiques de lâespĂšce et du cultivar. Les branches ne doivent prĂ©senter aucun dommage mĂ©canique, ni ĂȘtre dans un Ă©tat physiologique pouvant porter prĂ©judice Ă lâaspect de la plante ou Ă son dĂ©veloppement ultĂ©rieur. La tĂȘte doit avoir subi une formation appropriĂ©e au type de vĂ©gĂ©tation ou de lâespĂšce ou du cultivar. • prĂ©senter les caractĂ©ristiques dimensionnelles minimales fixĂ©es Ă chaque groupe dâarbre. La norme NF V 12 055 sâapplique Ă toute plante dâornement, cultivĂ©e et formĂ©e pour devenir un arbre ayant les caractĂ©ristiques gĂ©nĂ©rales de lâespĂšce et du cultivar. Elle prĂ©cise notamment que les arbres doivent ĂȘtre transplantĂ©s au moins tous les 5 ans et donne les caractĂ©ristiques dâaspect et les caractĂ©ristiques dimensionnelles de diffĂ©rents types. â Pour les sujets cultivĂ©s avec un tronc et une tĂȘte formĂ©e, la tĂȘte doit ĂȘtre proportionnĂ©e Ă la grosseur du tronc et prĂ©senter un minimum de 3 branches charpentiĂšres Ă©quilibrĂ©es entre elles. Les greffes en tĂȘte doivent ĂȘtre soudĂ©es et avoir donnĂ© naissance Ă une couronne centrĂ©e sur lâaxe du tronc, bien dĂ©veloppĂ©e et prĂ©sentant les caractĂ©ristiques du cultivar. Pour les sujets cultivĂ©s sans tĂȘte formĂ©e, les branches latĂ©rales doivent ĂȘtre rĂ©parties rĂ©guliĂšrement le long de la tige. Les sujets fastigiĂ©s auront un tronc unique rectiligne â. Les arbres tiges sont classĂ©s en fonction de la circonfĂ©rence du tronc mesurĂ©e Ă 100 cm du collet (de 2 en 2 cm Ă partir de 6/8 jusquâau calibre 18/20 puis de 5 en 5 cm Ă partir de 20 cm.). La hauteur du tronc, mesurĂ©e depuis le collet jusquâĂ la premiĂšre branche est Ă©gale Ă 80 cm pour les courtes tiges, 130 cm pour les demi tiges et 225 cm pour les hautes tiges. Un Ă©cart de formation de 15 cm est admis pour les hautes tiges. PRĂSENTATION â Les lots dâarbres dâalignement et dâornement doivent ĂȘtre homogĂšnes en ce qui concerne la hauteur sous tĂȘte et le type de couronne, avec ou sans axe central, pour un mĂȘme cultivar.â |

La qualitĂ©, aussi subjective qu'elle puisse ĂȘtre, surtout
pour un végétal, doit pouvoir se quantifier, se définir,
s'appuyer sur des critÚres précis et surtout se contrÎler
pour donner au client des points de repĂšre et de
comparaison. Car la qualité a ses facettes visibles et
cachées. Quelle assurance donner à l'entrepreneur
paysagiste, au consommateur particulier, Ă la
collectivité que les plantes livrées sont de la variété
demandée, sont exemptes de parasites ou maladies
graves, ont été transplantées, protégées contre le
stress de l'arrachage ou du transport ?
Les initiatives dans ce sens sont diverses. Du projet de
carte professionnelle à l'assurance qualité, en passant
par les certifications sanitaires ou variétales, les chartes
professionnelles ou interprofessionnelles, le choix pour
le professionnel se diversifie. Mais qu'il opte pour une
qualité contrÎlée, garantie ou non, les critÚres de qualité
sont les mĂȘmes, sont incontournables.






